L’OVNI d’Oscar Niemeyer à Paris

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Lorsque vous passez place du colonel Fabien dans le 19ème arrondissement de Paris (je pense devant quasi tous les jours), vous êtes forcément intrigué par un bâtiment  design et étrange avec une sorte de gros oeuf blanc au milieu, un OVNI ? Non, c’est le siège du parti communiste français que j’ai visité pour vous !

Depuis le temps que je vis à proximité, j’ai toujours voulu m’intéresser un peu plus à son histoire, son architecte… quand je reçus une invitation pour le visiter, je me suis dit : « Nom d’un petit bonhomme en mousse, c’est le moment ! ».

Historiquement, lorsque le PCF décida de quitter le 9ème arrondissement pour cette place du colonel Fabien (héros de la résistance communiste qui exécuta un officier allemand à la station de métro Barbès, qui fut à son tour exécuté par les allemands – cette ancienne place du combat pris son nom car ses parents habitent à quelques mètres), le PCF accueillait un réfugié politique de marque : le célèbre architecte Oscar Niemeyer qui fuyait la dictature militaire brésilienne.

L’architecte, communiste, proposa à ses camarades de faire construire le nouveau siège du PCF, gratuitement. Les travaux commencèrent en 1965 et l’un des chefs d’oeuvre en France de ce génial architecte très inspiré par Le Corbusier. Certains le classe parmi les bâtiments les plus moches de Paris !

Tout commence par la coupole : c’est elle qui attire l’oeil des passants, elle est le point d’ancrage du bâtiment tant symbolique (les idées du PCF sont fécondes et qu’elles vont donner naissance à un monde nouveau, la symbolique de l’oeuf, du ventre de la femme enciente) que matériel : elle abrite le conseil national du PCF (ex comité central). J’avais hâte de voir l’intérieur, je n’ai pas été déçu :

Inspirant non ? Tellement inspirant que de nombreux films l’ont repris comme décor : De l’autre côté du périph, 20 ans d’écart ou encore L’écume des jours pour les plus récents. Ci-dessous l’une des scènes de L’écume des jours :

Il faut savoir que les petites lamelles métalliques blanches sont traitées par électrolyse ce qui permet d’éviter de faire la poussière. Ca aurait un petit peu fastidieux… 

Cette salle a un petit côté OVNI…

Le reste du bâtiment est très encré années 70 avec un style incroyable : lignes épurées, courbes, béton brut, cuir… pas de doute le style Oscar Niemeyer existe bel et bien.

Petit détail marrant : Oscar Niemeyer demandait à ses ouvriers de choisir différentes sortes de bois pour les coffrages du béton, ce qui donne ceci :

Direction tout là haut, sur la terrasse de l’immeuble.

C’est l’étage des boss, enfin des camarades boss, le secret des dieux, et on est accueilli comme il se doit par l’oeuvre original de Paul Eluard et son poème : « Liberté j’écris ton nom ». Puis, quelques escaliers en colimaçon plus loin, on arrive ici :

Une terrasse tour en béton qui donne sur la place du Colonel Fabien et en décor, Montmarte et son Sacré Coeur. Vous remarquerez le toit en béton qui reprend la topologie du paysage !

Petite anecdote sympathique : le PCF n »étant plus ce qu’il était, pour pouvoir conserver ce bâtiment qui vaut une petite fortune, le parti a proposé à la location le dernier étage. Dommage que l’UMP n »est pas tenté d’ouvrir un bureau !

Dernier coup d’oeil avant de passer les grilles…

A noter que la façade est recouverte d’un mur rideau de Jean Prouvé (qui est Jean Prouvé ? va donc faire un tour ici)

Une visite qui s’achève donc sous ce ciel bleu et non rouge… je suis certains que si les murs avaient eu des oreilles, j’aurais eu bien des anecdotes historiques à vous raconter sur tout ce qui a bien pu se décider en ces murs…

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Vraiment bien écrit par
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