Ma nuit avec les Dames du Panthéon, nouveau Boutique Hotel à Paris

hotel dames du panthéon duras
Partage avec tes amis

Nouveau boutique hôtel du côté du quartier latin à Paris : les Dames du Panthéon. Et chez Voyage Insolite dès qu’on découvre un nouvel hôtel insolite à Paris, un hôtel thématique cette fois-ci, on a qu’une envie : c’est de le tester.

Et bien nous avons eu la chance de passer une nuit (insolite) dans ce nouvel hôtel 4 étoiles rive gauche. Et on vous raconte tout !

Le Panthéon a son boutique hôtel

Lorsque l’on visite des lieux qui ont une histoire on se dit souvent « Ah ! si les murs pouvaient parler … »

Et bien justement à l’Hôtel des Dames du Panthéon, les murs parlent … et ils nous racontent l’histoire de femmes qui ont fait l’âme de Paris depuis des siècles. Ou plutôt, ils les évoquent, par touches de-ci delà, à travers la décoration, les motifs choisis, les notes dominantes, les teintes, les tissus, les tableaux, les objets souvent chinés chez les antiquaires. Ils nous plongent dans une ambiance à chaque fois singulière car toutes les chambres sont uniques !

Ce charmant hôtel 4* au pied du Panthéon dans le 5ème arrondissement de Paris m’a entièrement conquise. Il va vitre rejoindre notre petit liste d’hôtels insolites sur Paris qu’on adore.

hotel dames du panthéon

Tout d’abord, l’accueil du personnel y est chaleureux et bienveillant. Ici le client est choyé. Un salon à l’accueil, qui donne évidemment sur le Panthéon, vous met tout de suite dans l’ambiance  avec une décoration originale et raffinée !

hotel dames du panthéon

Dans les étages, pas de « copier-coller ». Un thème de référence a été attribué à chacun des 6 étages où se trouvent les chambres, avec une décoration qui se décline de manière singulière d’une chambre à l’autre.

Pas de galeries de photos, de biographies détaillées, de cours magistral … Tout est suggéré à travers les choix des matériaux, des couleurs, des objets, des luminaires… Mais il y a une constante : tous les plafonds des chambres sont « à la française » et cela donne une touche d’authenticité extraordinaire !

Certaines chambres sont même dotées d’un petit balcon sur lequel il est possible de prendre son petit déjeuner avec la Panthéon à portée de main …

Même si les mesures anti Covid entraînent un allègement drastique des coussins et dessus de lit, la mise en scène est très réussie.

Activité insolite à faire au Panthéon : une chasse au trésor de nuit ! On l’a testé et on vous dit tout ici

Au 1er étage : les Cocottes, reines du Paris 1900, capitale des plaisirs, la Belle Epoque !

hotel dame du pantheon chambre cocotte

Ces belles de nuit font chavirer les cœurs et tourner bien des têtes ! Séductrices, manipulatrices, vénales, cruelles au besoin, elles sont promptes à dilapider les fortunes que l’on dépose à leurs pieds… et à oublier leurs amants sitôt qu’ils sont ruinés.

Elles amusent, séduisent, font l’actualité et alimentent les potins des gazettes mondaines au point d’imposer bientôt leur style et leurs goûts en Europe et jusqu’en Amérique.

Ces aventurières libres d’esprit ont marqué leur temps et les Dames du Panthéon leur consacre un étage.

hotel dame du pantheon chambre cocotte

Dans les chambres, les teintes dominantes sont les rouges rubis, le noir ébène, les tissus lourds et damassés, des taffetas, les velours …et les bibelots sont à l’avenant !
(A lire pour compléter le sujet ; Les cocottes, reines du Paris 1900 – Auteur : Catherine Guigon Editeur : Parigramme 2016)

Au 2ème étage : la grande chanteuse Edith Piaf

 

Édith Gassion (dite Édith Piaf), née le 19 décembre 1915 à Paris et morte le 10 octobre 1963 à Grasse, est une chanteuse, parolière, compositrice et actrice française.

Surnommée à ses débuts « La Môme Piaf », elle est à l’origine de plusieurs succès devenus des classiques du répertoire, comme La Vie en rose, Non, je ne regrette rien, Hymne à l’amour, Mon légionnaire, La Foule, Milord, Mon Dieu ou encore L’Accordéoniste.

Chanteuse à l’interprétation et à la voix saisissantes, elle a inspiré de nombreux compositeurs et a été le mentor de jeunes artistes tels qu’Yves Montand, Charles Aznavour, Les Compagnons de la chanson, Georges Moustaki, Charles Dumont… Elle acquiert une renommée internationale, mais sa fin de carrière est rendue difficile par de graves problèmes de santé ; elle meurt à l’âge de 47 ans.

Elle incarne à elle seule le Paris des pentes de Belleville, des quartiers populaires et mérite amplement son étage aux Dames du Panthéon !

La décoration des chambres évoque la passion amoureuse de la Môme Piaf avec le boxeur Marcel Cerdan. On plonge dans les années 50 avec des tissus fleuris, des objets chinés, et des boules de cuir suspendues comme des gants de boxe.

Au 3ème  étage : l’écrivaine Georges Sand

George Sand, pseudonyme d’Amantine Aurore Lucile Dupin, est une romancière, dramaturge, épistolière, critique littéraire et journaliste française, née à Paris le 1er juillet 1804 et morte au château de Nohant-Vic le 8 juin 1876.

Elle compte parmi les écrivains les plus prolifiques, avec plus de 70 romans à son actif et 50 volumes d’œuvres diverses dont des nouvelles, des contes, des pièces de théâtre et des textes politiques.
À l’image de son arrière-grand-mère, qu’elle admire, Madame Dupin, George Sand prend la défense des femmes, prône la passion, fustige le mariage et lutte contre les préjugés d’une société conservatrice.

George Sand a fait scandale par sa vie amoureuse agitée, par sa tenue vestimentaire masculine, dont elle a lancé la mode, par son pseudonyme masculin, qu’elle adopte dès 18294, et dont elle lance aussi la mode.

Elle a bien sa place aux Dames du Panthéon.

Mélange de noir et mordoré, miroir d’époque et couleurs sourdes donnent aux chambres une atmosphère masculine habillée de soie et de velours.

Au 4ème étage : une autre grande chanteuse française Juliette Gréco

Juliette Gréco, née le 7 février 1927 à Montpellier et morte le 23 septembre 2020 est une chanteuse et actrice française.

Figure emblématique de la chanson française à textes, elle incarne le quartier de St Germain des Prés et de la Rive Gauche et mérite aussi son étage.

Avec une carrière longue de soixante-dix ans, elle est notamment célèbre pour avoir été l’ interprète d’auteurs tels que  Raymond Queneau, Jacques Prévert, Léo Ferré, Boris Vian et Serge Gainsbourg…

Depuis la mort de Zizi Jeanmaire survenue le 17 juillet 2020, elle était la doyenne des chanteuses françaises.

Quelle belle idée de lui rendre hommage dans cet hôtel qu’elle a déjà fréquenté plusieurs fois.

C’est une ambiance jazzy qui vous attend dans les chambres, des teintes safranées et mordorées. On retrouve l’atmosphère des clubs de jazz des années 40.

Au 5ème étage : les femmes « Signares » du Sénégal

hotel dame pantheon signares

Cette francisation du mot portugais senhora (dame) désigne à l’origine les femmes africaines qui, vivant en concubinage avec des Européens influents, acquièrent un rôle économique et un rang social élevé.

Les signares semblent avoir existé depuis la fin du xve siècle dans les comptoirs portugais sur toute la côte occidentale entre le Sénégal et le cap des Palmes. Le terme s’applique ensuite à toute femme retirant une certaine notoriété soit de son métissage soit de son habileté de commerçante, souvent des deux à la fois.

C’est par leur force de caractère qu’elles ont gravi les échelons de la société et à ce titre elles sont légitimes aux Dames du Panthéon.

La décoration très ethnique de cet étage, avec des bruns orangés, des beiges, de l’ivoire et de l’ébène, nous plonge au cœur de l’Afrique.

Au 6ème étage: la très grande écrivaine Marguerite Duras

hotel dames du panthéon duras

Marguerite Duras, nom de plume de Marguerite Donnadieu — est une femme de lettres, dramaturge, scénariste et réalisatrice française, née le 4 avril 1914 près de Saïgon, alors en Indochine française, et morte le 3 mars 1996 à Paris.

Par la diversité et la modernité de son œuvre, qui renouvelle le genre romanesque et bouscule les conventions théâtrales et cinématographiques, elle est une auteure importante de la seconde moitié du xxe siècle.

En 1950, elle est révélée par un roman d’inspiration autobiographique, Un barrage contre le Pacifique. Associée, dans un premier temps, au mouvement du Nouveau Roman, elle publie ensuite régulièrement des romans qui font connaître sa voix particulière avec la déstructuration des phrases, des personnages, de l’action et du temps, et ses thèmes comme l’attente, l’amour, la sensualité féminine ou l’alcool : Moderato cantabile (1958), Le Ravissement de Lol V. Stein (1964), Le Vice-Consul (1966), La Maladie de la mort (1982), Yann Andréa Steiner (1992), dédié à son dernier compagnon Yann Andréa — qui, après sa mort, deviendra son exécuteur littéraire — ou encore Écrire (1993).

Elle rencontre un immense succès public avec L’Amant, prix Goncourt en 1984, autofiction sur les expériences sexuelles et amoureuses de son adolescence dans l’Indochine des années 1930.
Comment ne pas lui consacrer un étage des Dames du Panthéon ?

Et c’est justement dans une chambre de cet étage que j’ai passé la nuit avec une vue époustouflante sur la capitale !

On l’appelle la chambre panoramique ! Au premier plan, bien sûr, le Panthéon, puis Notre Dame, la Tour St Jacques, les toits d’ardoise de Paris … et en ligne de mire le Sacré Cœur ! C’est juste magnifique !

hotel dame du pantheon

La période de vie de Marguerite Duras illustrée dans ce 6ème étage est plutôt sa jeunesse, passée en Indochine Française. Il n’est donc pas étonnant que la décoration adopte une tonalité asiatique très prononcée.

La chambre est spacieuse, éclairée par 3 fenêtres, et dotée d’une literie de très haut confort. La salle de bain est petite (surface parisienne oblige !) mais fonctionnelle avec douche à l’italienne.
Des rouges profonds, des bruns, et sur la tenture murale, des Geisha qui semblent nous inviter à les rejoindre … Entre les poutres du plafond à la française, une nuée de papillons animent le firmament. Des porcelaines chinoises sont négligemment posées sur une petite étagère, les luminaires, dans le ton, ont été chinés chez les antiquaires.

J’y ai passé une nuit de rêve, habitée par les personnages singuliers des romans de la grande dame…

Le petit déjeuner, servi en chambre à cause du Covid, est continental et copieux. Un petit raffinement est bienvenu : les viennoiseries sortent du four, encore toutes chaudes ! … et la journée parisienne peut commencer !

Le Panthéon

hotel dames du panthéon

Mais je ne peux pas vous parler de l’Hôtel des Dames du Panthéon sans évoquer ce célébrissime monument de Paris.
Savez-vous qu’au départ il a été commandé par Louis XV qui voulait construire une église en hommage à Ste Geneviève sur cette place qui portait le même nom ? (elle l’aurait guéri d’une mauvaise maladie).

C’est le projet de Soufflot qui a été retenu en 1757 (célèbre architecte qui, à ses débuts, a conçu le bâtiment en façade du Rhône du Grand Hôtel Dieu de Lyon avec son grand dôme !).
Petit détail intéressant, les travaux ont été financés par une Loterie Royale, sur une idée de Casanova , tout juste évadé d’Italie où la pratique était courante.

Des travaux gigantesques et très coûteux d’ailleurs, car le sol à cet endroit est miné par des carrières et des puits profonds, preuves de l’occupation du quartier à la période Gallo-romaine. Les fondations vont demander 10 ans d’efforts. Et ce n’est qu’en 1767 que la 1ère pierre est posée par un Louis XV qui n’est plus le « Bien –aimé » que de quelques-uns… Soufflot innove en utilisant des armatures métalliques prises dans la maçonnerie pour renforcer la structure du bâtiment et soutenir le poids de son grand dôme, véritable défi très audacieux qui suscite autant d’éloges que de critiques (certains sont sûrs que tout va s’effondrer … ) Soufflot ne verra pas son œuvre achevée car il meurt en 1780, 10 ans avant l’achèvement des travaux de cette magnifique église Ste Geneviève.

Mais les temps changent et en 1791 l’Assemblée Constituante supprime les ordres religieux. Elle décrète que l’église soit transformée en Panthéon, « Temple de la Nation ». Les clochers sont rasés, les baies et les portails latéraux sont murés et la décoration intérieure entièrement remaniée. Et enfin la célèbre formule « Au grands hommes la patrie reconnaissante » est gravée sur l’entablement.

Dans les décennies suivantes, le Panthéon sera tiraillé entre destination religieuse et laïque au gré des soubresauts de l’histoire … Il devient définitivement républicain lors de la panthéonisation de Victor Hugo en 1885.

Les façades concaves de la Faculté de Droit et de la Mairie du Vème en forment un très bel écrin.
D’autres Grands Hommes et Grandes Femmes de la République y reposent pour l’éternité.
Citons Mirabeau, Voltaire, Jean Jacques Rousseau, Emile Zola, Jean Jaurès, Pierre et Marie Curie, Jean Moulin, André Malraux, Pierre Brossolette, Geneviève De Gaulle – Anthonioz, Simone et Antoine Weil…

Cette nuit passée aux Dames du Panthéon fût donc, vous l’avez compris, une expérience inoubliable, pendant laquelle je me suis sentie, moi aussi, une grande dame de Paris !

Merci à l’hôtel Aux Dames du Panthéon de nous avoir permis de tester une nuit l’établissement.

L’Hôtel « Les Dames du Panthéon »
19 Place du Panthéon 75005 Paris
A partir de 135€ la chambre en période de faible fréquentation
Instagram : hoteldamesdupantheon
www.hotellesdamesdupantheon.com

Partage avec tes amis
Vraiment bien écrit par
D'autres super articles de Monique

Ma nuit avec les Dames du Panthéon, nouveau Boutique Hotel à Paris

Nouveau boutique hôtel du côté du quartier latin à Paris : les...
Lire plus

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *